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Noëmie, enchantée !

8. C’est le nombre d’années passées derrière mon gros caillou, un peu trop lourd pour moi, avec, puis sans lunettes, les yeux toujours mouillés et le coeur toujours un peu trop fougueux. Après toutes ces années, rien n’a véritablement changé.

J’ai juste le coeur un peu plus costaud et plus grand !

En 2006, je prends mes clics et mes clacs, je quitte la France un peu trop fragile et un peu trop perdue. J’avais 20 ans et un bagage émotionnel vide. A ce moment de l’histoire, je ne savais pas ce qui m’y attendait, je ne savais pas que j’y rencontrerais la résilience et la vie, la vraie, telle qu’elle est. 12 mois après je rentre le coeur bombé, la tête pleine comme une carte SD et une vie totalement changée. Je découvre une philosophie de vie à l’opposé de ce que j’étais ces presque 5 dernières années, je me suis sentie à la fois abandonnée sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute A1 et à la fois libérée. C’est surement à ce moment précis que j’ai compris que la vie était ainsi, j’ai compris qu’il y avait des histoires qui se vivent et d’autres dont on doit s’affranchir, non sans peine.

Il m’aura fallu 365 jours pile pour commencer à ressentir et vivre, c’était comme sortir la tête par dessus le carreau et sentir le vent sur mes joues pour la première fois. Le premier jour, lorsque j’ai foulé le sol de cette nouvelle vie pour la première fois, je me suis dit qu’il était temps de tout vivre intensément. Il y a eu certes des moments composés de gris et de pluie mais il y en a eu d’autres colorés et éblouissants comme celui où on m’a permis de sortir de ma coquille pour y exprimer mon nouvel AMOUR.

C’est ainsi qu’en 2012 j’ai sauté le pas, la tête à l’envers, le coeur à l’endroit, c’était comme vivre le grand huit assise sur ma chaise. Un premier janvier pour commencer une nouvelle année, une nouvelle aventure. Sans trop y croire j’ai commencé à raconter des histoires, rencontrer de nouvelles personnes à la quête de souvenirs florissants. 8 ans après, je me rends compte que je n’ai rien oublié, que ce premier jour est toujours dans ma tête et que ce sentiment de stress intense ne m’a véritablement jamais quitté. Indubitablement, c’est ce qui me permets de garder précieusement les pieds au bon endroit, sans oublier qui je suis, jamais.

En 2014 je prends une claque, la plus belle. Je donne la vie, je rencontre celui qui fera de moi quelqu’un, celui pour qui j’ai non pas envie de déplacer des montagnes mais juste envie de les gravir. Je ressens enfin ce sentiment puissant qui se creuse de jour en jour plus profondément. Ça fait du bien et pourtant si mal à la fois, c’est indescriptible. Le temps se faufile, mes souvenirs aussi, j’ai ce sentiment oppressant qu’il est peut-être temps pour moi de ralentir et de faire la peau à ce temps, ce saligaud, qui me peine à chaque fois que je quitte le nid. Je prends le temps de prendre soin de mes propres souvenirs, je claque la porte, je range le petit bijou, l’enseigne s’éteint. 2018. Merci. Au revoir.

2020, on se retrouve dans cet espace temps qui ne s’est pas arrêté mais qui a grandement changé. Noëmie Guizard Photographie devient “Hello ma biche”. La même première aventure dans laquelle s’entremêle aujourd’hui des mots et des images. Petite, j’avais ce défaut de parler tout le temps, partout, puis j’ai grandi, pas le choix. J’ai perdu le son d’un nombre incalculable de mots que je peine aujourd’hui à balbutier au monde qui m’entoure mais j’ai appris à les poser sur papier pour ne jamais avoir à les oublier.

Si vous aimez les belles histoires mais pas trop, les sourires avec les dents et les cheveux dans le vent, la folie des grands jours, tout le temps mais pas n’importe comment, les souvenirs qui laissent des traces et la poésie de chaque instant, nous sommes fait pour être ENSEMBLE.

Faites le premier pas, je ferais le reste.